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 la courte échelle. éditions transit

éditeur solidaire et associatif, art et politique, membre de l'Autre Livre

Congrès des artistes vidéo et poètes non alignés (sur les critères du marché).

Publié le 22 Avril 2007 par La courte échelle/éditions transit in Nos expositions

Bonjour,

En novembre 2007, les Instants Vidéo vont célébrer leur 20e édition.
Nous souhaitons plus que jamais que cet événement soit poélitique.
C'est ainsi que nous serons fidèles au grand poète électronique Gianni Toti.
C'est ainsi que nous saluerons l'intime puissance poétique de Thierry Kuntzel.
Janvier pour l'un, avril pour l'autre : comment apprendre à devenir orphelin sans abandonner la force de combattre pour une révolution poétique ?
C'est ainsi que nous témoignerons de notre estime aux Palestiniens que nous avons rencontrés en mars à Gaza, Ramallah et Jérusalem. Que peut un geste artistique contre un mur ?

Nous avons décidé d'organiser un Congrès des artistes vidéo et poètes non alignés (sur les critères du marché).
Le 17 novembre à la Friche la Belle de Mai (Marseille).

Vous trouverez ci-joint un texte d'intentions. Amendable.
Nous rêvons cette rencontre indisciplinée, vivante et vibrante.
Nous rêvons des interventions théoriques, poétiques, politiques. Que des voix, des corps et des images s'élèvent !
Nous comptons sur votre participation.
Des mots écrits ou dits.
Des images (photos ou vidéo).
Des corps qui jaillissent.
Votre présence.
Votre désir.
Votre amitié féroce ou caressante.

Contre les armes de distractions massives
Osons les caresses d’innovations intimes


Instants Vidéo Numériques et Poétiques
BP 100 42
13243 Marseille Cedex 01
administration 04 91 31 86 25
administration@instantsvideo.com
Marc Mercier 06 64 16 96 30
www.instantsvideo.com

Les 20es Instants Vidéo présentent
en novembre 2007 à Marseille

1er Congrès des artistes vidéo et poètes non alignés
(sur les critères du marché)

Où nous agirons
« par petites touches excessives* »


« Mettre à l’abri toutes les images du langage et se servir d’elles,
car elles sont dans le désert, où il faut aller les chercher. »
Jean Genet


Comment libérer le regard, l’oreille, l’œil, la langue?
Une image est-elle encore possible dans un monde accaparé par les marchands de visuels dont la principale fonction est de nous aveugler, de nous rendre étrangers à nous-mêmes ?
Le langage est-il le champ de la dernière bataille envisageable : la révolution poétique ?

Nous vivons sous occupation.
L’ordre marchand est en train de totalement imprégner le moindre de nos comportements. Chaque individu contaminé par l’idéologie marchande est candidat au sacrifice de sa vie, de sa liberté, de sa faculté de penser, pour acheter l’illusion de sa sécurité. Il accepte de ne plus compter pour lui-même si, en échange, les responsables, les dirigeants de ce système et leurs collaborateurs le comptent parmi les gens utiles à la bonne marche de la machine à faire du profit.
Les autres, l’immense majorité de l’humanité, ne sont que des laissés-pour-compte, des rebuts humains, des victimes que quelques élans de compassion mediatisée, quelques murs ou quelques « frappes chirurgicales », peuvent tenir en respect.
Afin de jeter un voile sur l’avant scène de cette cruauté —car le capitalisme peut encore s’offrir le luxe de la pudeur— les politiques distribuent d’une main quelques deniers pour encourager des projets sensés favoriser la « rencontre des cultures », et de l’autre investissent des sommes considérables pour les forcer à se dissoudre dans la culture mondiale de la société de marché.
Le concept même « d’exception culturelle » est douteux, puisqu’en défendant le principe selon lequel la culture ne doit pas être traitée comme une marchandise qui subit la loi impitoyable de l’offre et de la demande, il entérine le fait que le reste — le pain, l’air, l’eau, l’habitat, la force de travail— peut être sacrifié sur l’autel de la concurrence.
Il n’est pas un espace de notre humaine condition qui ne doit être la cible d’une pensée critique. A commencer par une critique du langage qui est le lieu « où se manifeste le mieux les pouvoirs » (Jean-Paul Curnier). En adoptant cette posture, nous ne faisons que marquer notre intime connivence avec le Maître de la poésie électronique, Gianni Toti, qui a lutté toute sa vie contre les idées-images reçues. Un combat exemplaire qui n’a jamais séparé ce qui est de l’ordre du politique et du poétique.
Il convient donc de nous interroger sur ce que pourrait être non pas une « rencontre des cultures », mais une « culture des rencontres ». Il s’agit de penser les conditions matérielles et amicales indispensables pour occasionner une hospitalité partagée. Il s’agit de repérer et savourer l’endroit où deux êtres, deux communautés, exercent le mieux leur souveraineté.
Pas de pitié pour les femmes et les hommes qui résistent contre les forces qui les oppriment, contaminent leurs rivières ou leurs pensées, occupent leurs espaces physiques ou mentaux. Pas de pitié pour les travailleurs argentins qui récupèrent des usines en y intégrant des centres culturels. Pas de pitié pour les Palestiniens qui luttent pour retrouver la maison et l’olivier de leur enfance. Pas de pitié pour les poètes qui inventent un langage débarrassé des avatars de la communication de masse toute puissante… La pitié est l’arme des nantis pour tenir en respect les plus pauvres et ne pas respecter le droit de chacun à résister, à exister, à ré-exister. Celui qui outrepasse sa position de victime est un « délinquant », une « racaille », un « terroriste ». Il trahit l’amour que lui voue ou lui promet son maître.
Les poètes sont des maîtres sans esclaves.

Depuis 20 ans, les Instants Vidéo se sont mis en tête qu’un poème électronique (ou numérique) peut être un acte d’insoumission, une levée de boucliers contre le décervelage systématique engendré par une machine bien rodée qui recycle en objets de consommation toute pensée politique, toute aspiration à disposer de soi-même, toute rébellion, toute production artistique en marge des institutions…
Là où règnent la haine, la tristesse, le mépris, la compassion, nous avons toujours rencontré des femmes et des hommes qui s’acharnent, malgré tout, à faire entendre un chant d’amour, leur gai savoir d’être encore des humains. Ils n’ont que faire d’être des porte-parole, car seul importe d’avoir une parole qui porte.
Ils se sont emparés d’une caméra pour dessiner les contours poreux, imprécis, vibrants de leurs rêves d’humanité, d’êtres souverains et libres.
Nous les avons rencontrés dans les usines « récupérées » d’Argentine, derrière les murs de la Palestine enchaînée, parmi les ruines du Liban ou des Balkans, dans les quartiers populaires du Maroc, dans la prison de Marseille… Partout où des humains osent encore exercer leur intelligence sensible par petites touches excessives.
Ils sont l’art contemporain de nos rêves engendrés par un futur rendu désirable.


Contre les armes de distractions massives
Osons les caresses d’innovations intimes


Les Instants Vidéo
Instants Vidéo Numériques et Poétiques
BP 100 42
13243 Marseille Cedex 01
administration 04 91 31 86 25
administration@instantsvideo.com
www.instantsvideo.com


* « par petites touches excessives » est le titre d’un vidéo poème de Marie Herbreteau.




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